Patrick Seurot Agence SMILE
۳ ماه قبل
Venise en décembre est un écrin de merveilles. La foule est dissipée par le froid. On peut flâner dans les rues sans se bousculer. Les restaurants prennent le temps d'un service plus lent, plus personnel aussi. Le palais des Doges est vide. La nuit, la place Saint-Marc s'enrobe d'un brouillard qui fait ressortir sa beauté intemporelle. Et en journée, le soleil brille comme au printemps. C'est devant tant de beauté que j'ai été profondément choqué par deux faits qui n'ont rien à voir entre eux. Tout d'abord, les stands sur les quais bordés de gondoles, et les boutiques de souvenirs étriquées comme des couloirs, sont tenus par des réseaux où l'on ne vend que des contrefaçons : vêtements et verres soufflés made in je-ne-sais-pas d'où, mais certainement ni des ateliers textiles de Florence, ni des souffleurs de Murano. Je me demande comment cela est permis. Les vrais commerçants italiens en souffrent en tout cas. De grâce évitez-les.
Le second point est plus grave : la ville est défigurée par des tags. Que des abrutis arrivent à passer des bombes de peinture pour apposer sur des façades pluricentenaires leur infecte signature est scandaleux. Surtout que ces gribouillis durent bien plus longtemps que le pet qui leur sert de pensée. J'imagine la difficulté à surveiller, contraindre voire arrêter ces individus. J'imagine bien qu'il est impossible d'interdire la vente de ces bombes de peinture, servant le reste du temps à de vrais artistes et artisans… Mais j'ai senti l'exaspération des résidents de cette ville bourgeoise. Le maire de centre-droit devrait s'en inquiéter. A moins qu'il ne préfère que l'extrême-droite italienne s'empare de la cité millénaire ?