« Le High Line du pauvre… ou l’original dont New York a tout piqué. »
L'avis :
« Si vous avez toujours rêvé de jouer les funambules sans risquer la mort ou d’être un oiseau (mais avec un pass Navigo), la Coulée Verte est faite pour vous. On commence à Bastille, perchés sur le Viaduc des Arts, avec cette sensation délicieuse de pouvoir espionner les salons des Parisiens du 12e qui ont les moyens de vivre au 3e étage. C’est le seul endroit de Paris où l'on peut surplomber les embouteillages de l'avenue Daumesnil avec un mépris végétalisé et bucolique.
C’est officiellement la "Coulée Verte René-Dumont", du nom du premier candidat écolo à la présidentielle qui portait des pulls rouges avant que ce ne soit une tendance Instagram. Et parlons-en, d’Instagram ! C’est le spot préféré des influenceurs en quête de "nature urbaine" qui ignorent superbement que New York nous a tout volé. Oui, la High Line de Manhattan n’est qu’une pâle copie de notre vieille voie ferrée de 1859. On a inventé le concept avant que le quinoa ne soit légal, alors un peu de respect, s'il vous plaît.
Le parcours du combattant :
Le trajet est une métaphore de la vie : au début, tout est beau, fleuri et on prend de la hauteur. Puis, arrivé au Jardin de Reuilly, la réalité vous rattrape. On descend d’un cran, on traverse des tunnels un peu sombres où l'on se demande si on va croiser un lapin blanc ou un joggeur en sueur (spoiler : c’est souvent le joggeur, et il ne s'excuse pas). Mention spéciale à la signalétique qui semble avoir été conçue par quelqu’un qui ne voulait pas que vous arriviez au Bois de Vincennes. Perdre des touristes entre la rue de Toul et la Porte Dorée est visiblement le sport local.
Les points forts :
Les fontaines d’eau pétillante au Jardin de Reuilly (parce qu’à Paris, même les pigeons ont droit à leur Perrier).
Le calme olympien, seulement interrompu par les crissements de pneus 10 mètres plus bas (musique urbaine relaxante).
La propreté chirurgicale : les jardiniers bossent mieux que votre propre coiffeur.
Les points faibles :
Les joggeurs qui vous frôlent à 40 km/h en pensant préparer le Marathon de Paris sur un chemin de 2 mètres de large.
Les ascenseurs souvent en mode "pause syndicale".
La fin du parcours qui vous lâche un peu brutalement sous le périph, vous rappelant que non, vous n'êtes pas à la campagne, mais bien à 5 minutes de la circulation.
Verdict : Une balade géniale pour se la couler douce (le jeu de mot était obligatoire, désolé) sans avoir à supporter le bruit du métro. Allez-y pour la vue, restez pour l'eau qui bulle, et partez avant que le joggeur en fluo ne vous percute. »